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J’en ai déjà parlé quelques fois : c’est en devenant maman que j’ai eu envie de me lancer à mon compte. La maternité m’a rendue plus sûre de moi, plus forte et audacieuse aussi. J’ai d’abord commencé en créant ma marque de papeterie et de décoration autour de l’enfance, pour finalement me consacrer à 100% au graphisme et à la communication pour les entreprises depuis début 2019. Dans 10 semaines maximum, notre petite famille va s’agrandir. Nous attendons un petit gars ! Je me suis dis qu’en tant que femme et entrepreneuse, tu pourrais être amenée à vivre cette situation et que mon partage d’expérience pourrait être utile ! 

Démission et grossesse : assurer ses arrières

Pour être totalement transparente, de Mars à Août 2019, j’avais repris un CDI qui n’avait rien à voir avec la communication. Nous avions besoin que j’ai un contrat pour que la banque nous suive sur un projet immobilier. Les indépendants ne sont pas trop appréciés en général lorsqu’on veut emprunter. Je suis tombée enceinte en Mai et j’ai continué de travailler à la fois pour ma propre entreprise et pour le CDI. Une période intense physiquement, et pas très gratifiante moralement. En Juillet, j’ai eu une super opportunité pour développer ma boite : un contrat récurrent avec une agence de communication qui me permettait de gagner plus, en travaillant moins et surtout en faisant ce que j’aime. 

En Août, j’ai démissionné. Oui, oui, enceinte de presque 5 mois, j’ai posé ma démission. Mais en amont, j’avais tout calculé. Si j’étais salariée, à combien j’aurais le droit en congé maternité. Et puis, comment mettre de côté tout cet argent pour pouvoir être sereine et avoir le luxe de le prendre, ce congé maternité. 

Parce qu’en me renseignant auprès de la sécurité sociale (régime général, puis régime des indépendants), j’ai appris qu’en démissionnant je perdais mes droits pour un congé maternité. J’ai aussi appris que si je ne justifiais pas de 10 mois d’affiliation en tant qu’indépendante, là aussi je n’avais le droit à rien. Oups ! Je m’étais immatriculée en Avril donc je passais à côté pour un ou deux mois. 

La solution a été de mettre de côté, grâce à mes contrats en freelance et mon salaire en CDI. En Septembre, j’avais réuni mes 2790€ pour idéalement m’arrêter pendant les 16 semaines règlementaires. 

Entre temps, j’ai quand même essayé de débloquer la situation du côté de la sécurité sociale du régime des salariés. Après plusieurs mails et coup de téléphone, on m’a demandé d’envoyer un petit dossier avec mes derniers bulletins de salaire. Le dossier est encore en cours d’étude (d’où l’intérêt de mettre de côté pour ne pas se retrouver dans une situation difficile si on doit s’arrêter !).

Accepter de s’arrêter sans avoir peur de perdre ses clients

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Honnêtement, je suis toujours dans la face de tentative d’acceptation. Pour l’instant je ne me sens pas prête à m’arrêter, et ça tombe bien puisque je n’ai toujours pas de nouvelles de la sécurité sociale donc officiellement je ne suis pas forcée de prendre mon congé mat ! 

La grossesse et la maternité ont cet effet un peu grisant qu’on a le temps sans avoir le temps, donc on optimise ses actions, on se fixe des deadline et finalement on est beaucoup plus efficace

J’ai choisi d’être transparente sur ma situation et pour l’instant, aucune de mes clientes n’a été freinée par un potentiel arrêt en cours de mission (ouf !).

Pour ne pas perdre de clientes justement, j’ai commencé il y a deux mois à communiquer réellement sur mon activité, de façon organisée et qualitative, à travers le blog et mon instagram pro. Je tisse des liens aussi avec d’autres prestataires, bref je suis pro active. 

Sur cette fin d’année, idéalement, il faudrait que j’arrive à créer suffisamment de contenu pour les deux prochains mois ! Affaire à suivre (…)

Organiser la suite pour ne pas se laisser déborder

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Avoir une entreprise et un nourrisson, apparemment c’est compatible ! (et un peu flippant, il faut l’avouer …).

J’ai commencé par demander conseil à d’autres freelances qui ont déjà vécu cette situation.
Ce qui revient le plus, c’est de se prendre un vrai temps de coupure après la naissance pour pouvoir récupérer physiquement, moralement et profiter à 100% de son bébé. On m’a aussi dit qu’il fallait que je me définisse des temps de travail durant le sommeil de  bébé et de ne pas essayer de travailler quand il est réveillé sous peine de grosse frustration/culpabilité/énervement/manque de productivité ! C’est vrai que c’est déjà quelque chose que je constate dans ma vie de maman, même avec une enfant sage de 6 ans. Si je travaille le mercredi, c’est pas forcément productif, Loé est frustrée et moi aussi. Alors autant tenter de profiter pleinement de ces moments en famille et reporter les tâches pro au lendemain ! (plus facile à dire qu’à faire selon le planning, on est d’accord.)

J’ai choisi de me fixer une date de reprise. Avec les hormones, la fatigue, je ne suis pas à l’abri de changer d’avis et d’adapter. J’ai calqué sur un congé maternité classique, ce qui m’emmène à un retour au travail début Avril. J’espère pouvoir reprendre tout doucement au mois de mars, sur des missions de création de contenu pour ma propre entreprise et signer des contrats début Avril ! 

Je sais que je ne pourrai pas gérer sur le long terme avec un bébé à 100% à mes côtés. Du coup, j’ai cherché une nounou à proximité (quelle galère d’ailleurs). J’en ai trouvé deux, que je dois rencontrer en début d’année. Je me laisse aussi la possibilité de changer d’avis si je gère comme une pro mon rythme maman/graphiste freelance 😉

Enfin, j’ai déjà posé un plan d’actions/de ventes pour mon année à venir, en déduisant les mois inactifs et en étant la plus réaliste possible sur le temps que je vais pouvoir réellement consacrer à mon entreprise. Avoir une trame, c’est rassurant et motivant à la fois. D’ailleurs, si tu ne l’as pas encore fait, que tu sois enceinte ou pas, je te conseille d’utiliser le workbook de Julia ! 

Ce que j’ai adoré en étant enceinte et freelance

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Être freelance et enceinte peut être stressant. Mais il y a quand même des chouettes avantages : 

  • Pas de prise de tête pour les rendez-vous de suivi de grossesse et les (trop nombreuses) prises de sang matinales. Mon agenda étant flexible, c’est mon entreprise qui s’est adaptée à ma grossesse et non l’inverse ! 
  • Un gros coup de fatigue en pleine journée ? Des nausées ? Le dos douloureux ? Pas de soucis, je file me mettre dans le canapé, au lit, faire une petite sieste et/ou une pause Netflix. Pas besoin de trop prendre sur soi et qu’est-ce que c’est agréable.
  • Les rencontres provoquées par ma « situation » : en étant maman, j’avais déjà expérimentée cette situation qui fait que tout d’un coup, tu t’ouvres à d’autres personnes parce que tu as ce fameux point commun : un enfant ! Ça fonctionne hyper bien aussi quand on est maman et freelance et qu’on traine un peu sur instagram 😉 J’ai fait plein de nouvelles rencontres virtuelles très chouettes 😀
  • Le goûter à volonté à disposition dans le placard de la cuisine (bon d’accord, c’est un avantage temporaire puisque je vais bientôt pleurer quand je me serai rendue compte que je n’ai pas pris que du ventre. Ahah.)


Quelques chouettes ressources

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Bien sûr, je suis réaliste, je sais que l’arrivée d’un bébé bouleverse pas mal de choses. Mais pouvoir m’occuper de mes enfants est une des raisons qui m’a poussé à devenir indépendante ! 

C’est une vraie organisation que je vais devoir mettre en place et adapter en fonction des évolutions de mon fils. Difficile d’anticiper donc. 

En ce moment, je suis dans un mood vraiment axé maternité, du coup j’ai réuni ici quelques petites ressources à lire/écouter pour s’inspirer, se rassurer, anticiper et partager aussi si tu es en train de devenir une maman freelance. 

Si tu es plutôt audio, voici mes podcasts coup de coeur

  • Être soi
    Julie et Rémi (couple de freelance) nous racontent leur quotidien de freelance depuis qu’ils sont heureux parents dans l’épisode «Comment gérer ton business avec un bébé ? »
  • Young, Wild and Freelance
    Thomas aborde le sujet à travers une interview, dans l’épisode « Devenir maman quand on est freelance »
  • La matrescence
    Clémentine Sarlat a créé son podcast autour de la maternité. Tous les épisodes sont passionnants, mais il y en a un en particulier, « Carrière et maternité », qui aborde le point qui me préoccupait en ce moment.

Celui-ci est un petit nouveau que j’ai beaucoup apprécié. Audrey va à la rencontre de ces entrepreneuses créatives dans le domaine de la maternité et de l’enfance. Souvent, elles sont maman, donc on peut facilement attraper au vol autant des conseils sur la gestion de la maternité que sur la gestion de l’entrepreunariat. 

Si tu es plutôt lecture, voici un livre que j’ai vraiment aimé

« Une question d’équilibre » de Mathilde Lacombe

Mathilde est une jeune entrepreneuse d’une trentaine d’année qui a eu trois enfants assez rapprochés. Elle partage dans ce livre ses petits secrets pour gérer de front sa vie de famille/maman/femme/entrepreuneuse. C’est un peu idéalisé je pense mais sympa à lire quand même, juste parce que ça fait rêver ! 

En résumé (…)

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Je mise tout sur l’organisation, la confiance en moi et mes capacités et mes nouveaux pouvoirs de super-maman de deux enfants pour gérer ma nouvelle situation !

Si tu es maman freelance en devenir ou que tu as déjà vécu cette situation ou encore que tu as envie qu’on en discute, tu peux m’envoyer un petit mail à hello@emiliepitou.fr !